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Mairie de Bize-Minervois
Responsable de la Publication :
Alain Fabre
Maire de Bize-Minervois

Téléphone Mairie : 04 68 46 10 29
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Le pont de Bize

Le pont de Bize

Histoire du pont de Bize-Minervois (de l'époque romaine à nos jours)

Extraits de la brochure sur le pont de Bize pour le site de la Mairie, publié avec l'aimable autorisation de l'auteur, M. Roger Monié.


........ La première mention écrite du pont de Bize, signalée dans "Histoire de Bize" de A.Fabre, remonte à 1390, et c'est, déjà, pour signaler sa destruction par une crue. Le chroniqueur se réfère à un "grand pont en pierre", dont les "piles formidables" subsistent, et dont les vestiges seront encore signalés en 1789. Quelques restes de ces vestiges, contenant des fragments d'un marbre qui pourrait être de Saint-Pons, ont été rencontrés lors de travaux dans la Cesse en 1999 et ont été déplacés sur la rive gauche, où ils sont encore visibles en 2009 (ci-dessous : vestiges du plus ancien pont connu de Bize).
pont_1
..............Durant des siècles, la singularité de la Cesse a été la cause de très graves problèmes à Bize où démolitions et reconstructions de ponts se sont succédées à une cadence étonnante. Cette cadence a pu être amplifiée à certains moments, lorsque des ponts provisoires édifiés pour répondre à l'urgence des besoins n'avaient pas la capacité d'absorption où la solidité suffisantes. Il est même arrivé à plusieurs reprises que des ponts, provisoires ou non, soient emportés avant d'être terminés............

................Il est probable que les culées et piliers subsistant en 1390 ont été utilisés pour supporter des tabliers de bois destinés à répondre à l'urgence, mais qui n'ont pas subsisté bien longtemps. Ainsi, en 1779, selon Albert Fabre, déjà cité, "un orage survenu les 2 et 3 octobre 1779 renversa trois grosses piles qui supportaient le pont en bois. Ce dernier fut entièrement emporté.".............


.............En 1780 la communauté obtint l'autorisation de la Province de construire un pont en bois supporté par des piliers en pierre de taille. Ce pont devait avoir deux arches et être construit en dessous de la ville, à l'endroit où la rivière s'étend sur un plus grande étendue. On fit appel au sieur Ducas, entrepreneur, qui leva les plans et fit un devis. Les ouvrages furent commencés par la pile du milieu. On peut supposer que l'emplacement choisi était celui où les restes d'une pile sont encore visibles sur la rive droite, légèrement en amont de "La Promenade".
pont_2
........L'entrepreneur Noë commence les travaux en mai 1788 et les conduit de façon discontinue sans que la municipalité d'alors fasse des démarches pour l'obliger à plus de célérité, ce que ne manquera pas de lui reprocher la municipalité suivante.
Il n'avait pas terminé sa tâche le 23 mars 1790, lorsqu'une crue assez forte, sans être extraordinaire, selon Albert Fabre, emporta tout ce qui avait été construit. Dans la délibération du 23 mars le maire semble se féliciter que les travaux n'aient pas été terminés par le sieur Noë :
"Le sieur (Janot, maire) a dit messieurs vous n'êtes que trop convaincus du ravage considérable causé par l'inondation et débordement de la rivière de Cesse arrivé le 23 du courant dont la plus forte crue d'eau fut vers les 10 heures du matin, qui par bonheur emporta en entier non seulement la rampe et la culée qui avait été construites pour le pont qu'on pratiquait sur cette rivière sollicité depuis plus de 10 ans, mais encore le pilot qui devait servir de culée du côté de cette ville, puisque personne n'ignore que sans le fâcheux événement de l'emportement de ces deux culées, le regonflement des eaux n'eût entièrement noyé toute la partie de cette ville située à la place à ne pouvoir sauver le moindre de ses meubles, mais encore que le faubourg ou partie n'ait couru le plus grand risque d'être même emporté....
.....La délibération conclut que la construction du pont a été faite au mauvais emplacement, ce contre quoi le maire n'avait cessé de protester, sans être entendu par "messieurs les ingénieurs"...............
.............Le 6 mai de l'année 1832, la commune établit un cahier des charges pour la construction d'un "pont en fil de fer" sur la Cesse. .........
..............Le pont "en fil de fer" suspendu, à trois travées, fera l'objet d'une réception par les Ponts et Chaussées le 8 août de la même année. Il a été construit par Eugène et Lucien Grulet, polytechniciens, domiciliés à Paris, avec des câbles de suspension composés de 120 fils de fer. ..............Ce pont, terminé en 1833 et réparé en 1837, n'a eu cependant qu'une existence éphémère puisqu'il fut emporté par la forte crue de 1843...............
En 1851, le 23 octobre, la commune fait le projet d'un mur de défense rive droite "pour empêcher toute irruption de crue égale à celle qui emporta le pont suspendu" en 1843. Ce mur aurait une élévation de 1,50 m. au dessus de l'ancien mur, une longueur de 60 m., une épaisseur de 60 cm., pour un prix de 280 F.............
........ Le reste de culée, en aval de la promenade, que l'on distingue encore de nos jours, appartenait vraisemblablement à un pont détruit en 1855.
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.............Et voilà qu'en 1861 (20 et 21 octobre), de nouvelles pluies torrentielles produisent une inondation que l'on compare à celle de 1843. On constate alors que l'élargissement de la Cesse était insuffisant. Le maire demande donc l'autorisation de le prolonger, qui lui est accordée.
Dans cette deuxième moitié du XIXème siècle, qui est celui de l'industrialisation de la France, la sidérurgie apparaît comme une solution à bien des problèmes. L'âge du fer commence alors pour les ponts de Bize.............
.............Le 20 octobre de la même année une délibération du conseil municipal fait apparaître un projet de construction d'un tablier métallique à établir sur la Cesse. " Le dernier (tablier en bois), construit depuis 7 ans est dans un tel état de moisissure que la circulation a dû être interdite" ............
..........Ce pont "moderne", qui aura coûté 21 759 F.,dont on espérait sans doute une longévité record, ne subsistera qu'une dizaine d'années.
Le 12 septembre 1875 restera comme une journée tragique dans l'histoire de la région, en raison de la conjonction des crues de nombreuses rivières...........
..............A Bize le tablier métallique du pont fut emporté, comme conséquence de l'accumulation de branchages apportés par la Cesse et de la rupture d‘un "bouchon" sous le pont naturel de Minerve. Les piles en maçonnerie ne furent pas détruites mais sans doute endommagées..........
..........Le 12 avril 1881 le Préfet approuve un projet modificatif pour la construction d'un pont et de ses avenues sur la Cesse, à Bize, pour une longueur de 519,35 m. qui fait apparaître, pour la première fois, l'image du pont actuel.......
Le 23 avril l'impatience et la volonté d'en finir à tout prix transparaissent dans la délibération du conseil municipal : "considérant que les revenus de la commune étant constamment absorbés par la rivière, qui, depuis 1843, l'oblige pour la quatrième fois à construire un pont ......
donne son approbation au projet en observant que le quai rive gauche soit d'une hauteur égale à celui de la rive droite, dit de la promenade......
La commune contribuera pour 40 000 F. et prendra à sa charge le recul du quai (pour 32 130 F.)................
Le 20 mai 1882 l'adjudication des travaux est accordée à Meunier Antoine, entrepreneur à Narbonne, pour un montant de 124 947 F. ..........
.........Le 20 novembre de la même année l'agent d'arrondissement fait une proposition de décret déclarant le pont d'utilité publique, comme préalable aux expropriations nécessaires. Le décret sera signé le 29 janvier 1883 par Jules Grévy, Président de la République.
.........Le 15 mai 1884 la commune procède à la réception provisoire du pont, M.Serny Paul étant maire..........
..........La construction du pont a duré un peu moins de trois ans, ce qui peut paraître relativement court compte tenu des moyens techniques dont on disposait au XIXème siècle. Lorsque l'emprunt fait par la commune sera totalement remboursé, soit 90 000 F en 1918, on pourra estimer à 100 000 F. environ, sans risque d'exagération, le prix du pont pour la commune, car certaines dépenses qu'il a occasionnées ont été intégrées dans les budgets ordinaires...........
.....Depuis 1884 Bize connaît l'une des plus longues périodes de son histoire sans destruction du moyen de communication indispensable à sa prospérité.


La brochure est en vente à la Mairie de Bize au prix de 5 euros, au bénéfice du Comité d'Action Sociale de la Mairie de Bize.


Mis à jour (Lundi, 02 Novembre 2009 16:12)