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grottes préhistoriques de Bize
PETITE HISTOIRE DES FOUILLES DANS LES GROTTES DE BIZE
Où l'on reparle des grottes de Bize.
Si bien des habitants de Bize savaient l’importance des grottes de Las Fonts, leurs connaissances de ces dernières et des travaux dont elles avaient été l’objet étaient partielles et parfois incomplètes. Le rôle de ces grottes dans le développement de la science préhistorique, dont elles ont été l’un des sites créateurs, était généralement sous-estimé. Peu nombreux étaient ceux qui avaient conscience que le nom de leur village était présent dans les principaux musées du monde, désignant des objets trouvés à Las Fonts : Institut de Paléontologie Humaine à Paris, Musée de Menton, Muséum d’Histoire Naturelle de Marseille, Musée d’Archéologie Nationale de Saint Germain en Laye, Musée de l’Ermitage à Saint Petersbourg, British Muséum, Musées de Copenhague, Lund, Prague, Hambourg…
Un habitant de Bize, Roger Monié, s’est donc attaché à recueillir les éléments dispersés ça et là, en se faisant assister par l’un des scientifiques les plus compétents sur la question : Dominique Sacchi, directeur de recherche émérite au C.N.R.S., président du Groupe Audois de Recherches Préhistoriques. Il en résulte une brochure qui fait le point sur la question : “Petite histoire des fouilles dans les grottes de Bize”, publiée par la Mairie au prix de 5 €, au profit de son Comité d’action sociale.
Cette brochure intéresse au premier chef les habitants de Bize soucieux de connaître leur histoire mais aussi tous ceux qui, venant à Bize pour visite ou séjour, se découvrent de la curiosité et de la sympathie pour ce petit pays. Le document pourra aussi être utile aux spécialistes et scientifiques par l’abondance de la bibliographie et les références qu’il contient.
Ces grottes ont été visitées et fouillées à de nombreuses reprises depuis 1826, visites et fouilles faisant parfois l’objet de publications plus ou moins complètes ou détaillées. Bien des chercheurs du XXI siècle considèrent les grottes de Las Fonts comme un site exceptionnel, dont le remplissage, constitué de dépôts d’âge compris entre 80 000 et 10 000 ans, permet de suivre l’évolution de la flore, des paléoclimats et l’évolution culturelle tout au long de la dernière glaciation.
Les premières fouilles scientifiques ont été initiées par Paul Tournal.
Paul Tournal est le premier chercheur connu qui ait fouillé les grottes de Bize poussé par une autre motivation qu’une vague curiosité. Né à Narbonne en 1805, il partit à Paris en 1823 pour y faire des études de pharmacie. Remarqué par ses maîtres pour ses aptitudes peu ordinaires il fut mis en rapport avec des savants de la capitale qui stimulèrent son goût de la géologie et de la botanique.
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Persuadé que l’homme avait existé bien avant les quelques 5000 ou 6000 années qu’on lui prêtait alors généralement d’après une interprétation littérale de la Genèse, il en chercha des preuves dans les grottes de la région.
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De 1827 à la première guerre mondiale.
Lors de travaux à Bize qui se répartirent sur environ deux années (1826 - 1827) il y découvrit “une succession de dépôts marquant alternativement la présence de l’homme et celles de grands carnivores : ours et hyène“ (Dominique Sacchi). Après quelques autres publications sur le sujet, Paul Tournal publia en 1834 une “Note sur les cavernes à ossements de la vallée de la Cesse, et observations sur les ossements humains confondus avec des ossements de mammifères terrestres appartenant à des espèces perdues”. Les signes de la présence humaine en compagnie de ceux de grands animaux aujourd’hui disparus témoignaient pour lui de l’existence de l’homme quelques 40 millénaires avant notre ère.
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Le pharmacien de Narbonne est considéré aujourd’hui comme l’un des fondateurs de la notion de l‘homme-fossile, origine de l’archéologie préhistorique dont la France fut, après les travaux de Boucher de Perthes, la source et la référence incontestée jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Il fit connaître ses découvertes dans des publications qui eurent un grand retentissement, suscitant la venue à Bize des scientifiques les plus éminents de France et de l’étranger. Le modeste village du Narbonnais accueillit ainsi les plus grands noms de la paléontologie et de la géologie au cours des XIX et XX siècles. Les premiers d’entre eux furent guidés par Paul Tournal.
Marcel de Serres (1783 - 1862), professeur de géologie à la faculté des sciences de Montpellier, après avoir douté des thèses de Tournal dans un premier temps, lui apporta son appui dans la période où elles étaient encore fortement contestées. Découvreur, en 1828, de la Caune de l’Arago, dans les Pyrénées Orientales, où l’on mettra au jour, en 1969, l’”homme de Tautavel“, il a contribué pour une large part à la recherche dans les cavernes à ossements humains du Midi de la France, dont celles de Bize. Il y est venu entre 1839 et 1855, et y a recensé une quinzaine d’espèces animales ainsi que des ossements humains et des instruments variés, en bois de cervidés et en os. Il est sans doute l’un des premiers scientifiques à avoir visité la grotte de l’ermite, dont l’entrée, située à une cinquantaine de mètres au-dessus de la grande grotte, peu visible et difficile d’accès, a été négligée par la majorité des chercheurs
Brinckmann, qui fut l’un des premiers à affirmer la contemporanéité de l’homme avec les grands carnivores du quaternaire, en a cherché la confirmation à Bize, procédant à une petite fouille avec Jullien en 1860.
Edouard Filhol (1814 - 1883), Directeur du Museum d’Histoire Naturelle de Toulouse vint à Bize à la suite de Paul Tournal. Il fut l’un des premiers à mesurer l’importance des découvertes du pharmacien de Narbonne.
Paul Gervais, (1816 - 1879), zoologiste, doyen de la faculté de sciences de Montpellier, faisait des recherches sur l’ancienneté de l’homme. Après avoir douté des conclusions de Tournal, il vint faire des fouilles à Bize, en 1863, 1864 et 1866. Il confirma alors pleinement la thèse de son prédécesseur.
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Après la mort de Paul Tournal, survenue en 1872, le grand préhistorien toulousain d’origine marseillaise Emile Cartailhac (1845-1921), président de la Société Archéologique du Midi de la France de 1914 à 1921, est venu plusieurs fois aux grottes de Bize, vraisemblablement en 1876 ou 1877, et a été le premier à attirer l’attention des archéologues sur les quartzites taillés qu’il y trouva.
A la suite d’Emile Cartailhac, Cazalis de Fondouce (1835 -1931) reprit les études de ses devanciers en mettant à profit les progrès de la science, et en fit la synthèse, en particulier dans sa publication “L’Hérault aux temps préhistoriques” , en 1872. Fouillant à Bize en 1864, il signala la présence d’ossements d’ours des cavernes et confirma la présence d’hommes “qui y ont laissé de nombreux fragments de poterie“, au néolithique. Le matériel recueilli au cours de ses fouilles à Bize est conservé au Musée Languedocien de la Société Archéologique de Montpellier.
Joseph Simon Albaille, viticulteur de la région de Béziers, décédé en 1942, fouilla les grottes de Bize de 1911 à 1914 avec G. de Crozals, puis en 1923, 1924, 1927, 1928 et 1929, en compagnie d’Eugène Genson. Albaille et Genson firent des recherches dans la petite grotte de l’Ermite, située une cinquantaine de mètres au dessus des deux principales, et généralement ignorée par leurs prédécesseurs, à l’exception de Marcel de Serres.
Mis à jour (Vendredi, 16 Octobre 2009 09:41)



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