Laurent Ivanoff Print E-mail
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Les joyaux de Laurent Ivanoff

quand le reflet de l’être passe par la chimie du métal et l’usure de la pierre

Laurent Ivanoff est sculpteur orfèvre à Bize-Minervois. Dans son atelier « Bize-Arts », qui a déjà 7 ans d’existence, il tend vers l’excellence de par la création de bijoux et la fonderie d’art. L’artiste est engagé dans une démarche de vie où travail et passion se confondent, et on peut lui souhaiter la reconnaissance en tant que pair de celui-là qui domine l’art*. Toujours élève du maître d’art Claude Delhief, qui est glypticien, M. Ivanoff a déjà quelques réalisations prestigieuses à son actif, comme la médaille du comité interprofessionnel des viticulteurs du Languedoc-Roussillon (CIVL) et la croix de Septimanie pour la ville de Narbonne, ainsi qu’un bijou pour Sa Sainteté Jean-Paul II.
Pour les pièces moulées, l'orfèvre sculpte d'abord un objet en cire.
Laurent Ivanoff

La glyptique est de la micro sculpture sur pierre dans les trois règnes minéral, végétal et animal, comme l’ivoire, le corail, ainsi que toutes les pierres précieuses et les pierres fines. Cette science remonte à 5000 ans av JC et nous vient de Sumer, qui est l’Irak actuel, également aux origines de l’écrit : les fameuses tablettes cunéiformes en argile. Le camée et l’intaille sont tous deux issus de la glyptique, le travail sur la pierre se présentant dans un cas en relief (le camée) et dans l’autre cas en creux (l’intaille). Les motifs traités en camée sont plus particulièrement des portraits en profil ou des scènes de genre (mythologiques, à caractère symbolique…) tandis que l’intaille a surtout été utilisée pour réaliser des sceaux.
A Sumer, quelques écritures ou symboles étaient reproduits sur des pierres très dures qui faisaient office de cachet. Notre profession pérennise la réalisation des sceaux, qui sont des signatures, mais nous avons également dans le cadre de l’intaille une autre science qui est l’héraldisme, la reproduction de blasons gravés sur pierre et qui font également office de sceaux. Nous ne sommes plus que 4 ou 5 en France, à différents niveaux, avec la chance d’avoir un maître d’art. Ce terme de maître d’art, reconnu par le ministre de la culture, nous vient aux origines de ce qui a été créé politiquement au Japon : ils se sont rendu compte que certaines personnes - les « Trésors nationaux vivants » - détenaient un savoir-faire exceptionnel. Elles font à présent partie du patrimoine vivant national. En France, ils sont 63, dans différents domaines dont l’ébénisterie, la maroquinerie, les estampes et les livres (pour la restauration de vieux manuscrits). Ils ne sont nommés « maîtres d’art » que par le ministre de la culture, c’est donc un titre très honorifique mais qui va bien au-delà puisqu’ il s’agit en fait de transmettre ce savoir-faire a expliqué Laurent Ivanoff.

L’exécution d’un camée ou d’une intaille, à la différence des sculpteurs sur pierre qui travaillent « par percussion » ou « par enlevé » et dans des dimensions beaucoup plus imposantes, se fait « par abrasion », c’est à dire par usure de la matière au moyen d’outils au diamant. Pour donner un ordre d’idée de la minutie du travail réalisé, restituer un profil en portrait sur une pierre de 30 millimètres de diamètre demande 4 à 5 mois de travail.

Arrivé à un certain stade, les produits du commerce ne sont plus suffisants : Laurent Ivanoff réalise lui-même ses propres outils en cuivre et en bois de buis très dur, dans lesquels de la poudre de diamant est incluse en force.

 

Toujours est-il que la glyptique ne fait absolument pas vivre : la clientèle supposée serait constituée d’organismes officiels et de tradition, de collectionneurs (numismates), de particuliers ou de collectivités locales qui voudraient leur blason sur pierre. L’essentiel du propos de l’artiste est donc avant tout de continuer à apprendre et de pouvoir retransmettre cette technique. Si l’atelier « Bize-Arts » existe encore aujourd’hui, c’est grâce à différents travaux, dans le domaine de la réparation et de la création de bijoux ou de petites sculptures en argent et en bronze.

Reproduction d'une oeuvre d'art de 2000 av JC. Socle en marbre de Caunes-Minervois
déesse indienne en Argent
Il faut plus d’une demi-heure au four réfractaire (énergie au gaz) pour atteindre le point de fusion du bronze (90% de cuivre et 10% d’étain) qui est de l’ordre de 1280°C. Ajoutons que le fondeur est dépendant de l’hygrométrie : pour éviter les porosités dans le métal, il doit œuvrer par temps sec.

Laurent Ivanoff parachève ses pièces uniques avec le goût du détail et le sens des proportions, l’amour du rythme en un mot**, de façon à réaliser un beau travail ; chacune de ses œuvres porte la signature intangible du reflet de son être.
Cigales du pays, rameaux d’oliviers en argent sous forme de broches, bracelet conçu à partir de l’empreinte véritable d’une écorce d’olivier, bonzaï d’olivier en argent massif avec plus de 200 rameaux… certaines réalisations de métal intègrent en outre le bois d’olivier ou le marbre de Caunes-Minervois.

*L'expression est de Th. B. von Hohenheim (Dr Paracelse).
**O. V. de L. Milosz.
Last Updated ( mardi, 29 avril 2008 )
 
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