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grottes préhistoriques de Bize - Seite 2
Travaux connexes et visites avant la première guerre mondiale.
Pendant un demi-siècle environ les scientifiques les plus autorisés, tels que Boucher Crèvecœur de Perthes (1788-1868), confirmèrent et précisèrent la découverte de Tournal. Boucher de Perthes est considéré par Tournal lui-même comme le fondateur de la science préhistorique bien que ses découvertes, en 1828, soient un peu postérieures à celles du pharmacien de Narbonne. Melleville, Desnoyers (1800-1887), Milne-Edwards (naturaliste français 1800-1885), Cordier, Edouard Lartet (l‘un des premiers investigateurs de la grotte d‘Aurignac en Haute Garonne), Lyell, géologue anglais (1797-1875), reconnurent l’importance des recherches de Tournal et adoptèrent ses conclusions.
Louis Giraux fouilla les grottes de Bize dès avant la guerre de 1914 et publia en 1912 et 1925 (voir bibliographie). Il signale l’apparition des escargots comestibles dans la strate magdalénienne, soit vraisemblablement plus de 10 000 ans avant notre ère.
Marius Cathala (1858 - 1952) viticulteur à Argeliers, très impliqué dans la révolte de 1907, était aussi un érudit curieux de l’histoire de l’homme, sensible à la présence des signes de celle-ci sur le sol qu’il parcourait quotidiennement.
Dans la première décennie du 20ème siècle, il fouilla les grottes de Bize à l’instigation de Jean Miquel (de Barroubio), (cité plus loin), et fut parfois assisté dans ses travaux par Georges Baquié (de Nissan) en 1905 et 1906. Bien avant la datation au carbone 14 et les méthodes d’analyse microscopique il eut conscience de la diversité des sciences auxquelles il faudrait faire appel pour aboutir à une étude précise de l’histoire de l’homme dans les grottes. Il retira de ses propres fouilles de nombreux ossements d’animaux et humains, en particulier une mandibule humaine en 1905 ainsi que des quartzites et des silex taillés, dans une couche où Albaille découvrirait quelques années plus tard, avant la guerre de 1914, deux os et une dent d‘homme.
Jean Miquel (1859 - 1940) était originaire de Barroubio, commune de Saint-Jean de Minervois, autrefois de Pardailhan, où il possédait une propriété viticole. Ayant une vocation de naturaliste pluridisciplinaire, il s’intéressa à la botanique, la géomorphologie, l’agriculture, la préhistoire et l’archéologie. Ses travaux dans ces deux dernières disciplines furent souvent faits en collaboration avec le Dr Joseph Coulouma, de Béziers (1891-1962) ou avec Marius Cathala, (déjà cité) avec lequel, en particulier, il explora les grottes de Bize dès le début du XX° siècle.
Jean Miquel établit des contacts avec de nombreux scientifiques de renom, avec lesquels, selon une pratique courante alors, il échangea de nombreuses trouvailles. En 1927 il vendit au laboratoire de géologie de Montpellier et au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris une grande partie de ses collections de fossiles.
Eugène Genson (1888 - 1968) viticulteur de la région de Béziers s’intéressant à l’archéologie fouilla les grottes de Bize de 1929 à 1931, en compagnie de Joseph Simon Albaille, qui avait commencé ses fouilles avant la guerre de 1914 (voir plus haut) S’ils ont consciencieusement remis l’abondant matériel trouvé aux autorités scientifiques, soit 8441 pièces. (Source : de Lumley, 1971), leurs écrits ont été très succincts et l’on en trouve peu de traces aujourd’hui.
Théophile Héléna, (1871 - 1952) instituteur à Saint Marcel (Aude), et son fils Philippe Héléna (né à Saint Marcel en 1898, décédé accidentellement en 1961) avaient commencé à fouiller dans les grottes de la région de Narbonne dès avant la première guerre mondiale. Théophile avait découvert à Bize un coup de poing acheuléen (actuellement au Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse), le 13 juin 1907.
(...)
Les grottes de Bize faisaient alors l’objet d’un pillage constant par des chercheurs occasionnels plus ou moins scrupuleux. Ainsi, dans un compte-rendu à l’Institut de Paléontologie du 1/12/1931 les Héléna père et fils signalent qu’il s’est “à un moment et une date assez proche, institué dans la région un véritable commerce des objets paléolithiques de Bize, commerce grâce auquel les plus grands musées du monde ont pu s’approvisionner en séries de la célèbre station”
(...)
Philippe Héléna, nommé Bibliothécaire Archiviste de la Ville de Narbonne en 1924, anima la Commission Archéologique de cette ville, fondée par Paul Tournal. Il fut un artisan de la classification des grottes de Bize en Monuments Historiques, obtenue le 24 août 1931.
En 1941 la législation interdit toute fouille à quiconque, même sur son propre terrain, sans autorisation officielle. Malgré cela la grille fermant les grottes de Bize ne tarda pas à être endommagée à nouveau et fut finalement remplacée dans les années 1980 par une cloison dotée d’une porte.
Aktualisiert (Mittwoch, den 08. September 2010 um 15:55 Uhr)



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